Reflexions Oniriques

La série des Réflexions Oniriques me replonge dans l’abstraction. Elle me libère du réel et me permet de m’aventurer dans des paysages sonores aux parfums chatoyants. Recherches imaginaires où la nature se délivre de la forme. Par le prisme de l’eau apparaissent des visages inconnus. Des forêts sans arbres et des arbres sans forêt. Des ciels sans air aux nuages plissés. Des univers en mouvement où subsiste la présence éloquente du végétal, de la lumière et de l’air. Eloge des éléments. Unis dans un ballet célébrant une poésie de l’éphémère.

Promenade solitaire en terres vierges. Je cueille dans les forêts du Mont Lozère quelques images. Regards sur un cours d’eau intime où s’écoule la vie insoumise. Eau parfois retenue, m’offrant des miroirs dialoguant avec les cimes environnantes. Parfois ivre, titubant en filets rieurs, déversant ses trésors limpides sur les mousses discrètes et légères de la chanson bien douce de Verlaine. Les éléments me baignent de leur présence. Je saisis leurs reflets dans l’instant. Evanescentes mosaïques de lumières. Silence enjoué.

Le ciel déborde de vie lorsqu’il plonge dans l’eau. Il s’y baigne comme un enfant turbulent. Se ride. Plisse. Court à perdre haleine. S’étiole. S’échappe entre deux nuages. Resurgit sur la brûlure du soleil. Et s’ouvre profond sur les abîmes qui le reflètent. Nous murmurant que l’eau et le ciel resteront à jamais les interprètes de la plus aérienne des chorégraphies. Celle du temps qui passe.