Demarche

 

Démarche artistique

 

Stéphane Guiran pose la question du sens de l’individualité en ce début de 21ème siècle. Il questionne la place que l’on accorde à l’intériorité dans une société tiraillée entre plus de matérialité et la recherche de valeurs en redéfinition, souvent enfermées entre les communautarismes, la morale ou les religions. 

Ses œuvres, principalement inspirées de la nature, nous interrogent sur notre propre nature. Elles proposent un dialogue entre notre monde intérieur et celui qui nous entoure. Ses abstractions à la limite de la figuration expriment l’absence de différence entre l’intérieur et l’extérieur, entre parcourir notre être et parcourir le monde.

« Je ressens donc je suis ».  A travers ses installations Stéphane Guiran réinterprète la nature par l’imaginaire. Il immerge le public dans un espace hors temps ou chacun peut oublier son identité sociale pour vivre une expérience intérieure. Sa démarche rejoint les principes de l’art total (Gesamtkunstwerk) et de l’approche multidisciplinaire du Black Mountain College à travers sa déconstruction de toute frontière entre les arts, dans la continuité du Bauhaus. Il fait intervenir la sculpture, la musique, la performance, la vidéo pour proposer par la synesthésie de ressentir l’œuvre. Ces différentes expériences entre le spectateur et l’oeuvre permettent de retrouver et de vivre les émotions profondes qui nous animent. « Je sculpte l’émotion ». Ainsi le spectateur n’en n’est plus un, il vit l’œuvre, la ressent. Le lien avec soi retrouve son évidence.  « L’équilibre d’une société repose sur l’équilibre de chaque être qui la compose. En renouant le dialogue avec notre nature j’incite à réfléchir sur les valeurs humaines sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour bâtir une société plus consciente de ses actes ».

Sa pratique comprend également la sculpture, la photographie, le dessin et l’écriture.

Ses sculptures faites à partir de cristaux interrogent la force contenue dans la fragilité et la transformation. Elles mettent en regard les cristaux faits par la nature et ceux créés par l’homme, en particulier à travers son travail sur la mémoire industrielle des résidus de cristalleries. De ce dialogue entre la nature et nos productions post-industrielles nait une poésie de la transformation, de la mutation, comme un nouveau langage à explorer pour une société durable.

Ses photographies sont l’expression d’une attention sur les instants de poésie qui sont partout autour de nous et que nous ne voyons plus. Elles révèlent à travers les symétries et reflets de l’eau les dimensions où la nature se fond avec notre imaginaire. Nous rappelant que notre unité avec ce qui nous entoure dépend de notre regard.

Ses dessins illustrent un monde où tout est vivant, en mouvement. Où la nature minérale fusionne avec le végétal, est animée par un souffle, une respiration. Où les dimensions se répondent dans une cartographie onirique à explorer librement, à l’image des songline australiennes. 

Ses écrits prennent corps dans les recueils qui accompagnent ses œuvres. Ils proposent une profondeur complémentaire permettant de s’immerger dans ses créations tout en préservant la poésie de l’imaginaire, laissant ainsi chacun vivre ce qu’il ressent.